Bien choisir son véhicule

(Mis à jour le 15 décembre 2015)

 

Le choix des véhicules est abondant de nos jours. La multiplication des modèles, des finitions, des options et des énergies est un atout pour celui qui doit s’équiper de véhicules pour son exploitation. Cette abondance peut aussi être une difficulté. Que choisir dans cet immense catalogue ? D‘autant que les réglementations européennes et nationales influencent de plus en plus les comportements de chacun. Les entreprises doivent tenir compte de tous ces éléments pour effectuer leurs choix. Elles doivent également tenir compte de contraintes particulières notamment en matière de véhicules utilitaires.

 

VP, VU, quelles différences ?

L’administration fiscale a toujours regardé d’un œil soupçonneux les véhicules particuliers utilisés à titre professionnel. Elle voyait dans leur détention ou leur utilisation un aspect somptuaire qui est devenu aujourd’hui bien désuet ; mais il est toujours difficile de remettre en cause des pratiques qui rapportent... Les Véhicules Particuliers (VP) continuent donc d’être frappés de taxes diverses alors que les Véhicules Utilitaires (VU) passent au travers des mailles du fisc. Mais jusqu’à quand ?

Le VP ou le véhicule de Monsieur Tout Le Monde
Le Véhicule Particulier ou Véhicule de Tourisme est le véhicule de Monsieur Tout Le Monde. Berline deux, trois, quatre ou cinq portes, break, coupé ou cabriolet, il est utilisé pour le transport des personnes. Roulant majoritairement à l'essence ou au diesel, il est e plus en plus sobre et de plus en plus propre. Les modèles hybrides et électriques se développent depuis quelques années mais ne couvrent pas encore l'étendue des catégories VP commercialisées sur le marché.

Le Véhicule Utilitaire Léger ou VUL
Destiné à une utilisation commerciale ou industrielle, le VUL ne possède généralement que deux places et souvent deux portes. A ce titre, il est dépourvu de sièges à l’arrière et n’offre pas la possibilité d’en rajouter, sauf à faire repasser le véhicule au service des Mines, démarche assez lourde... On trouve deux types de véhicules dans cette catégorie : le « vrai » VUL (fourgons, camionnettes, etc.) et le Véhicule de Société (VS) ou Véhicule Fiscal (VF) qui est en réalité un véhicule particulier deux places, deux portes. Contrairement à ce qui a cours pour les VP, la TVA sur les VUL est récupérable non seulement sur l'achat ou les loyers, mais aussi sur l'entretien et les réparations.

Bien choisir son véhicule utilitaire et son véhicule de tourisme

Les véhicules utilitaires légers sont des outils de travail à part entière. Pour cette raison, l'entreprise doit faire l'acquisition d'un véhicule qui limite les risques professionnels et assure une sécurité maximale pour ses collaborateurs et autres tiers. C'est pourquoi, outre les équipements techniques de sécurité, il faut aussi s'attacher aux possibilités d'aménagement intérieur, à la protection du chargement et celle des passagers. La séparation entre la cabine et la zone de chargement est un premier élément à considérer, car c'est précisément cette séparation (généralement sous la forme de cloison métallique) qui évitera les risques d'écrasement du conducteur par son chargement. Il faut aussi s'intéresser aux possibilités d'arrimage des charges et à la facilité qu'offrent les VU pour leur aménagement intérieur qui doit toujours être effectué par des professionnels.

Les 5 questions préliminaires à se poser pour choisir l'ensemble véhicule/aménagement par l'Institut National de Recherche sur la Sécurité (INRS)

Il faut d'abord se poser les questions suivantes afin de mieux cerner ses besoins et optimiser l'aménagement du véhicule :
1. Quels sont les outils nécessaires à l'exercice du métier ? Quel conditionnement est nécessaire pour ces outils ? Quelle est leur utilisation ?
2. Quels sont les matériaux et pièces nécessaires à l'exercice du métier ? Quels sont leur conditionnement et leur utilisation ?
3. Quelle est la quantité de pièces ou de matériaux à emporter ?
4. Quels seront les travaux à réaliser dans le véhicule ou autour du véhicule ?
5. Où circule le véhicule ? En milieu urbain ou rural ? Sur des pistes de chantier ? Le véhicule est-il destiné à de petits trajets ou de grands trajets ?

Les 10 points clefs pour valider l'ensemble véhicule / aménagement

1. L'ergonomie du véhicule : les facilités de montées et descentes du VUL, la présence de portes latérales (asymétriques bien souvent), une hauteur adéquate des plans de travail, sont autant de paramètres à prendre en compte. De même, il est important de bien positionner les pièces et outillages qui font l'objet d'un usage fréquent. Il doit être également possible d'avoir accès à tous les outils et matériaux d'une seule main, ainsi que de libérer les passages.

2. Le chargement : tenir compte de la charge autorisée, en n'omettant pas de considérer le poids du ou des passagers, de l'état du réservoir, du type d'aménagement, des pièces et des outillages. En outre, il faut penser à répartir les charges sûrement et efficacement.

3. La réglementation afférente au transport de gaz, de combustibles, de liquides nocifs, corrosifs ou inflammables.

4. Les chargements occasionnels : il faut notamment penser à l'arrimage et à la compatibilité avec le VU choisi.

5. L'éclairage.

6. L'aération : évacuation des vapeurs, gaz ou odeurs, etc.

7. La signalisation : gilet de signalisation fluorescent, bandes réfléchissantes, gyrophare, etc.

8. Le nettoyage : facilité d'entretien des matériaux.

9. Les nuisances sonores : le confort acoustique ne doit pas être négligé.

10. La protection antivol : occultation des vitres, grilles de protection, serrures de sécurité, le chargement doit être dissimulé et la présence d'une alarme peut être utile.

Les équipements indispensables à la bonne sécurité d'un VU... et d'un véhicule de tourisme

L’OVE préconise, en accord avec le Groupe Commun de Concertation sur les Véhicules Utilitaires, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) et l’INRS, treize équipements de sécurité pour les VUL, douze pour les pick-up et onze pour les véhicules de société. Ces équipements recommandés pour les VUL sont bien entendu tout aussi recommandés pour les VP.
Ces équipements ont été classés en deux familles (sources INRS et OVE).

1. Les équipements de sécurité qui sont considérés comme indispensables et qui devraient même être rendus obligatoires par les Pouvoirs publics :

- L’ABS ou ABR : l’ABS est un dispositif d’anti-blocage des roues lors d’un freinage violent. Il permet de conserver la maîtrise de la trajectoire et d’éviter un obstacle ou une sortie de route. L’ABS est obligatoire depuis 2009.

- L’airbag conducteur et l’airbag passager : tous les passagers à bord d’un véhicule et quelle que soit la place occupée, doivent pouvoir bénéficier du meilleur niveau de protection possible en cas de chocs frontaux ou latéraux. C’est pourquoi il est indispensable que chacune des places avant, conducteur comme passager, soit équipée d’airbags.

- L’ESC/ESP (Electronic Stability Control) est un dispositif de contrôle de trajectoire qui permet de maintenir la voiture dans une trajectoire stable, en agissant sur les freins, quand la voiture dérape ou glisse légèrement,
 et ce, en prenant en compte le poids roulant du véhicule. Il est obligatoire pour les nouveaux modèles (VP + VUL) depuis le 01/11/2011, et pour tous les véhicules neufs le 01/01/2014.

- L’AFU (Aide au Freinage d’Urgence) permet de compenser l’insuffisance de la pression de freinage exercée par le conducteur en cas de freinage d’urgence.

- Le témoin de surcharge (pour les VUL uniquement) : la surcharge d’un véhicule augmente considérablement les distances de freinage, altère la tenue de route dans les courbes et génère une usure prématurée du véhicule, en particulier de la suspension et des organes de freinage. Pour pouvoir respecter le PTAC, encore faut-il être en mesure d’estimer la charge embarquée et savoir la comparer à la charge utile. Cet équipement qui permettrait d’indiquer au conducteur le poids total en charge du véhicule, n’est pas encore proposé dans les catalogues des constructeurs, il est néanmoins possible de se procurer de tels dispositifs sur le marché des accessoires.

- La cloison de séparation entre l’habitacle et la zone de chargement : en cas de choc à 50 km/h, le chargement non arrimé est projeté vers l’avant du véhicule avec une force comprise entre 20 et 40 fois son poids selon la nature de l’obstacle percuté. En l’absence de dispositifs efficaces de retenue des charges transportées, les occupants d’un VUL, préservés par leurs ceintures et leurs airbags, peuvent se faire tuer par le chargement de leur véhicule. Un dispositif efficace de retenue des charges combine une cloison de séparation et un système d’arrimage adapté aux masses et volumes transportés.

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- Le dispositif de surveillance de pression des pneus : les pneumatiques constituent l’un des principaux éléments de sécurité. Rouler avec un véhicule chargé et sous-gonflé présente un réel risque d’éclatement des pneus. La pression des pneus ne peut être mesurée que par un dispositif adéquat (manomètre). Un système embarqué tel qu’il existe déjà sur certains véhicules de tourisme alerte le conducteur en cas de défaut de pression. Ce système devrait être bientôt obligatoire.

2. Les équipements complémentaires, plus typés confort, dits d'adaptation au travail

Ces équipements ne présentent pas le même caractère d'urgence que les équipements décrits ci-dessus. Néanmoins, ils participent aussi à la sécurité et au confort du conducteur et de ses passagers.

  • La boîte de vitesses automatique.
  • La climatisation.
  • L'aide à la navigation (GPS embarqué, etc.).
  • Le limiteur/régulateur de vitesse.
  • Le radar et/ou la caméra de recul.