Ce qu'il faut savoir sur la LLD

(Paris, le 14 mars 2018)

La LLD est un sujet qui ne laisse jamais indifférent, et nombre d’idées reçues continuent de circuler chez ceux qui doutent encore des avantages de cette formule...

« Mes véhicules ne font pas assez de kilomètres »

Une idée répandue consiste à penser qu’en deçà d’un certain kilométrage annuel, la LLD n’est pas pertinente et qu’il vaut mieux acheter, car l’administration pourra conserver le véhicule plus longtemps. Or, nous avons vu que le coût de détention d’un véhicule augmente au fur et à mesure que passent les années, du fait de l’accroissement des dépenses d’entretien. Nous avons également vu que les loueurs savent aujourd’hui proposer des durées de location beaucoup plus longues que par le passé (60, 72 mois, voire plus sur certains matériels).

Plutôt que de s’intéresser au kilométrage du véhicule, la vraie question est donc de savoir si ce véhicule est acquis dans les meilleures conditions de remise, s’il bénéficie d’un plan d’entretien maîtrisé (pièces et main d’œuvre négociée, temps de main d’œuvre vérifiés et contenus), si l’administration est en mesure de le revendre au meilleur moment et via le canal le plus adapté pour en tirer le meilleur parti, et ainsi de suite. Tout cela, en y consacrant un temps de gestion le plus limité possible pour ne pas alourdir les coûts indirects. C’est ce que vous propose le loueur au travers du seul loyer du véhicule : son expertise métier à toutes les étapes de la vie du véhicule et sa puissance d’achat et de revente. Ils sont le gage de l’obtention du meilleur coût pour l’administration. Quel que soit le kilométrage annuel parcouru.

« Mes véhicules sont amortis et ne me coûtent plus rien »

Les administrations, historiquement en achat, ont pour habitude de conserver leurs véhicules relativement longtemps. Avec cette idée qu’une fois amortis, les véhicules ne coûtent plus rien. Si cette idée pouvait avoir du sens du seul point de vue du financement du véhicule, elle ne tient pas compte du coût d’usage du véhicule et notamment des coûts d’entretien et de ceux liés aux immobilisations. Car même un véhicule qui roule peu finit par coûter en entretien. Au bout d’un certain temps, des dépenses lourdes vont venir grever le budget de l’administration : courroie de distribution, moteur. Autant d’interventions lourdes qui vont entraîner des immobilisations plus nombreuses et plus longues du véhicule et qui vont venir alourdir les dépenses d’entretien. Ensuite, c’est souvent un cercle vicieux qui s’enclenche : l’administration qui a effectué ces dépenses considère opportun de conserver encore le véhicule pour « amortir » ces frais. Frais qui continuent à augmenter, le véhicule vieillissant. Et ainsi de suite.

Par ailleurs, les constructeurs ont fait ces dernières années de très gros progrès en matière de motorisations et donc de consommation de carburant. Un véhicule conservé huit ou dix ans aura donc des consommations de carburant, mais aussi de CO2 beaucoup plus importantes qu’un véhicule récent. Et ce surcoût s’aggravera encore si l’administration est soumise à la TVS et à sa taxe additionnelle, calculées sur l’énergie du véhicule, ses émissions de CO2 et son année de 1re mise en circulation.

« Les frais de remise en état sont toujours trop élevés »

La restitution d’un véhicule à l’issue d’un contrat de LLD est une étape clef qui doit se préparer en amont afin d’éviter toute mauvaise surprise. Les principaux loueurs de longue durée sont affiliés au SNLVLD (Syndicat national des loueurs de véhicules en longue durée) qui définit un état standard dans lequel les véhicules doivent être rendus à la fin d’un contrat de location. Cet état ne prétend pas qu’un véhicule qui a roulé 24 ou 48 mois et parcouru 50 000 ou 100 000 km soit rendu à l’état neuf. Mais il définit l’usure autorisée. Les loueurs qui adhèrent au SesamLLD (ex-SNLVLD) font généralement de cet état le leur et l’appliquent à leurs clients.

Il ne faut pas oublier que la majeure partie des frais de remise en état facturés par les loueurs résulte d’un transfert d’une sinistralité (relevant logiquement de l’assurance) vers le loueur. Ces frais de remise en état résultent également d’un transfert de charges qui n’ont pas été supportées durant la vie du contrat.

Si on y regarde d’encore plus près:

Vous avez souscrit l’entretien de votre véhicule ? Dans ce cas, votre loueur prend en charge tout son entretien préventif et curatif : aucune remise en état mécanique n’a donc lieu d’être au moment de la restitution dès lors que le véhicule est bien présenté aux entretiens conformément au plan constructeur.

Vous avez confié l’assurance et la gestion des sinistres à votre loueur ou à votre assureur ? Veillez à déclarer les sinistres en temps et heure et à faire réparer les véhicules. Ce seront des frais de remise en état en moins. 

Dans certains cas, il peut même être intéressant de faire un arbitrage : vaut-il mieux réparer le véhicule au travers d’une déclaration de sinistre, quitte à payer la franchise et alourdir la sinistralité de la flotte ? Ou attendre la fin du contrat, et « gérer » la réparation via des frais de remise en état ? En fonction de votre sinistralité, du montant de vos primes, du niveau de vos franchises et de vos objectifs, votre loueur saura vous accompagner dans cet arbitrage.

 « Difficile d’estimer le bon couple durée/kilométrage » 

Nous l’avons vu précédemment, en LLD, le loyer est calculé en fonction du couple durée/kilométrage. Sa détermination est donc un élément clef. Mais nous avons aussi vu que la durée découle du kilométrage. La question à se poser est donc celle de l’usage du véhicule pour déterminer le kilométrage annuel. La durée de détention en découle ensuite : durée plus courte quand le kilométrage annuel est important (40 000 km annuels > 36 mois/120 000 km), durée plus longue quand le kilométrage annuel est plus faible (15 000 km annuels > 60 mois / 75 000 km).

Et si le kilométrage réel dévie du kilométrage souscrit, soit parce que celui a été mal estimé soit parce que les missions affectées au véhicule ont changé, les loueurs proposent des solutions d’ajustement des contrats qui permettent de recaler le kilométrage et/ou la durée, pour tenir compte de la loi de roulage réelle et permettre au locataire de ne payer que le coût d’usage réel du véhicule.

Il suffit donc à l’entité publique de prévoir cette possibilité de souplesse dans son cahier des charges pour pouvoir en bénéficier le cas échéant. En matière de marchés publics, il n’est évidemment pas envisageable de souscrire un contrat de 24 mois pour ensuite le porter à 60 mois via cette mécanique d’ajustement, au risque de se voir reprocher un bouleversement de l’économie du marché et une rupture d’égalité des candidats. Il est par contre tout à fait possible de prolonger, via un avenant, de six mois la location d’un véhicule initialement loué 48 mois et qui, à l’issue de cette durée, n’aurait pas atteint le kilométrage souscrit. Tout est donc affaire de dosage.

« Que faire de mon garage intégré et de mon personnel spécialisé ? »

Passer de l’achat à la LLD n’implique évidemment pas de fermer le garage intégré et de mettre à la porte le personnel qui y est attaché. Très souvent, le passage à la LLD se fait de manière progressive. Il est souvent lié à un départ en retraite au sein du garage, mais pas toujours. Il s’accompagne par contre fréquemment d’un recentrage de l’activité du garage sur des activités spécialisées : entretien des véhicules lourds, des balayeuses. Dans bien des cas, ce recentrage a d’ailleurs débuté avant même le passage en LLD. Car même si les véhicules sont achetés et que l’entretien est officiellement géré par l’atelier integré, il n’est pas rare de constater que l’externalisation de l’entretien a déjà commencé. Les véhicules des élus, les véhicules de fonction sont déjà très souvent entretenus via le secteur privé. Multiplexage, électronique embarquée : les nouvelles technologies qui équipent les véhicules ces dernières années ont complexifié l’entretien des véhicules pour les ateliers intégrés. Elles nécessitent des outils pointus et une formation continue du personnel et expliquent un recours accru au secteur privé. Dès lors, le passage en LLD n’a que peu d’effet sur l’activité du garage.

« Mes besoins en véhicules sont trop spécifiques »

Ambulances et véhicules de TPMR dans les centres hospitaliers, bennes pour les services de la voirie, véhicules frigorifiques pour le CCAS, véhicules ateliers pour les services techniques, etc., les besoins en véhicules des administrations sont aussi divers que les missions de service public qui leur sont confiées.

Les aménagements qui équipent ces véhicules valent souvent plusieurs milliers d’euros et alourdissent de façon importante le coût d’achat des véhicules. Dès lors, la tentation est grande de conserver ces véhicules longtemps, pour en amortir le coût. Avec les risques qui en découlent : dérive des coûts d’entretien, augmentation des immobilisations.

Les loueurs qui adressent ce marché spécifique qu’est celui du secteur public ont aujourd’hui développé des offres adaptées. Ils travaillent avec des carrossiers spécialisés et spécialistes de leur métier qui sauront accompagner les besoins de l’administration. Pour ces véhicules spécifiques, il est important de bien définir ses besoins et de rédiger un cahier des charges précis. Les aménageurs et carrossiers savent accompagner les administrations dans l’expression de leurs besoins techniques.

La LLD offre l’opportunité de lisser le coût d’aménagement de ces véhicules sur la durée d’un contrat de location, plutôt que d’alourdir fortement le coût d’achat. Et pour ne payer que le coût d’usage des véhicules, les loueurs proposent des durées de location longues, allant jusqu’à 84 mois.

« Impossible de passer d’un budget d’investissement à un budget de fonctionnement »

Si la LLD est incontestablement une dépense prise sur le budget de fonctionnement, l’achat dépend-il du budget d’investissement ? Certes, l’acquisition du véhicule est une dépense affectée au budget d’investissement. Mais qu’en est-il des dépenses d’entretien, qu’il s’agisse d’un entretien déjà externalisé auprès du secteur privé (factures de garages) ou d’un entretien internalisé (salaires des personnels du garage intégré) ? Des dépenses d’assurance et de réparation des sinistres ? Des dépenses liées au remplacement des pneus ? Aux dépannages ?

Dans la pratique, même pour un parc en achat, une grande part des dépenses est déjà affectée au budget de fonctionnement. Le passage en LLD ne vient donc pas révolutionner ce point. En revanche, la LLD permet à l’administration de maîtriser ses coûts en reportant les risques sur le loueur et d’obtenir de la visibilité.