Fin du diesel : où en sont les villes ?

(Paris, le 27 septembre 2018)

L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise fait un tour d’horizon des principales mesures décidées et/ou annoncées par les grandes villes à travers le monde.

  • Londres – Les véhicules les plus polluants essence et diesel (d’avant 2005) sont déjà taxés de 11 livres sur la toxicité des émissions pour pouvoir entrer dans le centre-ville, avec le « T-Charge ».

    Le 4 avril, le nouveau maire Sadiq Khan a dévoilé un projet d’« ultra low emission zone » (Zone à émissions ultra-réduites), qui entrera en vigueur en avril 2019. Les véhicules essence qui ne respectent pas la norme Euro 4 et les véhicules diesel qui ne respectent pas la norme Euro 6, devront payer 12,50 livres/jour pour pouvoir circuler dans le centre de Londres (21 km carrés).  Selon la mairie de Londres, les véhicules concernés en 2019 auront plus de 13 ans (pour l’essence) et plus de 4 ans (pour les diesels). Le péage fonctionnera tous les jours de l’année, 24h/24h et s’ajoutera au péage de 11,50 livres/jour en vigueur depuis 2003.

    Avec le lancement de la stratégie Road to Zero, le ministère des Transports dirigé par Chris Grayling, confirme « l’arrêt d’ici à 2040 de la vente de nouvelles voitures et camionnettes conventionnelles fonctionnant à l’essence ou au diesel ». D’ici à 2020, l’investissement prévu dans les véhicules à très faibles émissions est de 1,7 milliard d’euros. Un budget qui sera en partie consacré à l’accroissement du réseau de rechargement électrique automobile : points de chargements dans les maisons en construction ou sur les nouveaux lampadaires publics proches de places de parking. Selon les autorités britanniques, les véhicules à émissions très faibles représenteront au moins 50 % des ventes de voitures neuves d’ici 2030. A noter que l’interdiction décrétée pour 2040 ne concerne pas les véhicules hybrides.
     

  • Hambourg – Depuis le 31 mai dernier, la ville a décidé d’interdire la circulation des véhicules diesel les plus anciens (antérieurs à septembre 2015) dans le centre-ville. Pour le moment, seules deux artères du centre sont concernées : l’une de 600 mètres, l’autre de 1600 mètres. Seule exception : riverains, livreurs ou véhicules de secours. D’autres mesures devraient voir le jour dans le cadre du plan de pureté de l’air, incluant le développement d’une nouvelle ligne de métro, une extension des pistes cyclables ou l’introduction de bus à zéro émission.  A l’échelon national, les municipalités réclament des mesures comme la mise en place d’une vignette bleue pour contrôler les véhicules, mais reste à ce jour refusée par le ministère des Transports. Hambourg initie une première interdiction qui pourrait faire des émules, notamment Stuttgart et Munich, ou encore la région de Dusseldorf.
     
  • Berlin – Concernant les interdictions de circulation, Berlin ne prend pas position pour le moment mais figure elle-aussi parmi les villes qui dépassent les limites de l’UE sur les oxydes d’azote (NOx), réputés pour être à l’origine de maladies respiratoires. Pour tenter de pallier aux problèmes de congestion et de pollution, la capitale allemande cherche désormais à développer l’usage du vélo et participe au test sur la gratuité des transports publics. En juin dernier, suite au rachat de Jump - une startup de vélos électriques en libre-service - Uber a annoncé que la flotte serait dans un premier temps lancée à Berlin.
     
  • Bruxelles – Depuis le 1er janvier 2018, les véhicules Euro 0 et Euro 1 – soit ceux fabriqués jusqu’en 1996 – ne peuvent plus circuler dans la capitale. La ministre bruxelloise, Céline Fremault, souligne qu’un accord a été trouvé au sein de l’exécutif régional : l’interdiction du diesel sur les routes de la capitale est prévue d’ici à 2030. Dans une étape suivante, les véhicules à essence et GPL pourraient aussi être interdits en 2035 au profit de technologies alternatives, notamment les véhicules électriques et hybrides. De quoi répondre aux objectifs climatiques de l’accord de Paris tout en réduisant les effets de la pollution sur la santé.
     
  • Rome - En Italie, la maire de Rome Virginia Raggi, a annoncé vouloir interdire le centre de la capitale italienne à toutes les voitures diesels dès 2024. Elle cherche notamment à protéger les nombreux monuments en pierre et sculptures de la Ville éternelle, menacés de dégradation par la pollution de l’air. La capitale suit l’exemple d’une politique anti-diesel déjà en vigueur plus au Nord, à Milan. Dans cette dernière, le centre historique n’est à ce jour accessible qu’aux véhicules respectant certaines normes d’émissions. Cette politique tend à être durcie jusqu’en 2030, date où la ville compte atteindre le « zéro diesel ».
     
  • Au pays de Gaudi, en cas de pollution, Barcelone interdit la circulation des diesels antérieurs à 2004 dans le centre-ville. A partir de décembre 2019, ceux-ci ne pourront plus circuler la semaine, et un an plus tard, la restriction sera permanente. De son côté, Madrid fixe l’interdiction de circulation des vieux véhicules thermiques dans la capitale pour 2025. Une interdiction qui concernera les véhicules les plus anciens, qu’ils soient essence ou diesel. Pour accélérer la disparition des moteurs polluants, la municipalité envisage également une série de mesures incitant à prendre les transports en commun ou à opter pour l’électrique. 
     
  • Dans les villes les plus avancées dans le domaine, Oslo (Norvège) s’est fixée pour objectif la fin des ventes de voitures essence ou diesel dès 2025. A ce jour, l’accès en ville est interdit aux véhicules diesel lorsque les conditions atmosphériques l’exigent. D’ici à 2020, ce sont tout simplement les voitures particulières qui devraient être interdites dans le centre-ville. Amsterdam (Pays-Bas) se montre plus ambitieuse encore et vise quant à elle le « zéro émission » d’ici 2025 grâce à son plan « Clean Air for Amsterdam ». Copenhague, qui fait la course en tête dans la lutte contre la pollution de l’air, interdira l’entrée de nouveaux diesels dès le 1 janvier 2019. Parallèlement, la capitale danoise encourage aussi la pratique massive du vélo avec près de 500 kilomètres de pistes cyclables en développement.