Des perspectives incertaines pour les hybrides en entreprise

(Paris, le 2 novembre 2016)

 

Depuis plusieurs années, les hybrides semblent constituer l’une des réponses des constructeurs automobiles aux normes environnementales européennes à respecter en termes d’émissions de CO2. L’offre se généralise dans les marques, faisant la part belle aux versions hybrides essence, au risque de compliquer le choix des décideurs d’entreprise. Toutefois, en dépit des convictions des constructeurs, les modèles hybrides ont encore du mal à trouver leur place dans les « car policies » en raison de coûts d’usage défavorables et de mesures fiscales peu attractives. 

Les technologies "Full hybrid" et hybrides rechargeables

La technologie "Full hybrid" consiste à associer un moteur thermique essence avec la propulsion fournie par un moteur électrique. Sur les modèles Full hybrid développés par Toyota, la batterie a une autonomie de seulement quelques kilomètres (une quinzaine sur la nouvelle Toyota Prius) et celle-ci est rechargée à la fois par la mise en route du moteur thermique ou par l’énergie cinétique récupérée par le véhicule au freinage. Lancée en mars 2016, la nouvelle Prius annonce une consommation de 3 litres aux 100 kilomètres. Elle dispose d’une nouvelle batterie nickel-hydrure métallique qui offre une densité d’énergie supérieure et une puissance totale équivalente malgré un gain de compacité de 10 %.

Les hydrides rechargeables. L’autre technologie à laquelle les constructeurs automobiles ont recours pour animer leurs voitures hybrides est baptisée hybride rechargeable ou plug-in. Ici, le fonctionnement du véhicule s’appuie sur un moteur thermique (essentiellement essence) associé à un ou deux moteurs électriques animés par des batteries qui peuvent être rechargées sur une borne électrique. Le principal atout de cette technologie réside dans la possibilité de pouvoir parcourir 40 à 50 km uniquement en énergie électrique avant que le moteur thermique, jusqu’ici à l’arrêt, ne prenne le relais et se déclenche.

Cette technologie présente plusieurs inconvénients du point de vue d'un usage professionnel :

  • L’utilisateur a intérêt à charger ses batteries le plus souvent possible (et donc à chaque arrêt) afin de pouvoir profiter au maximum de l’énergie électrique lors de ses trajets.
  • Second inconvénient, son utilisateur professionnel doit pouvoir disposer de prises de recharge dans la plupart des lieux où il stationne, à commencer par son entreprise.
  • Dernier frein au développement des ventes de ces modèles hybrides, la détermination de leur valeur résiduelle est encore aléatoire et les loueurs longue durée se montrent frileux sur ce type de voitures.

Les hybrides en entreprises

En juin dernier, une enquête TNS Sofres sur « Les Français et l’Automobile » commandée par le site de vente en ligne Aramisauto.com annonçait que 7 Français sur 10 se voyaient volontiers au volant d’une voiture hybride ou électrique d’ici 20 ans. De leur côté, les analystes de LMC Automotive cités par Automotive News Europe prévoient des lendemains qui chantent pour les hybrides en Europe, avec des ventes qui pourraient tripler au cours des trois prochaines années, à plus de 750 000 unités. Principal moteur de cette forte croissance : l’entrée en vigueur de nouvelles normes d’émissions de CO2 en 2020.

Sur le marché entreprise en France, en revanche, l’ambiance est nettement moins favorable. Surtout depuis le début de l’année 2016 et l’entrée en vigueur des nouveaux bonus à l’achat. Sérieusement
revus à la baisse (750 € d’aide maximale pour une hybride émettant moins de 110 g contre 2 000 € auparavant, 1 000 € pour une hybride rechargeable de 21 à 60 g contre 4 000 € et zéro bonus pour les hybrides diesel), ces bonus écologiques ne constituent plus un encouragement à l’acquisition de voitures hybrides, pourtant nettement plus onéreuses que leur équivalent essence ou diesel. La décision du gouvernement de supprimer les bonus pour les hybrides simples à compter de 2017 ne devrait pas arranger la situation.

D'ailleurs, les ventes de véhicules hybrides en entreprise ne cessent de décroître depuis début 2016. Fin octobre et sur dix mois, le repli s'inscrivait à 17,2 % pour un total de 12 249 immatriculations (VP + VU).

 

 

TEMOIGNAGE

Cédric Lardeau, Responsable des achats et de la flotte automobile d’AZAE (groupe A2micile) témoigne sur l'introduction de véhicules hybrides au sein de sa flotte d'entreprise.

 

Quel était votre objectif initial en optant pour des énergies alternatives ?

La plupart de nos utilisateurs sont de « petits » rouleurs, puisqu’ils parcourent en moyenne entre 15 000 et 20 000 km par an. Avant de basculer sur du tout hybride, nous avions référencé des véhicules Smart diesel pour le côté pratique et ludique, puis nous avons choisi la Fiat 500 dans sa version essence. Ce véhicule était apprécié et bien adapté à la circulation urbaine. Depuis près d’un an, c’est la Toyota Yaris dans sa version hybride qui a été référencée, afin de répondre encore plus à nos attentes ainsi qu’à l’usage des conducteurs.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance pour une solution hybride ?

En tant que spécialiste des services à la personne, le choix de l’hybride répond à une réelle volonté d’engagement écologique et sociétal du groupe. Le choix s’est avéré pertinent d’un point de vue économique également, notre loueur ayant su proposer des coûts d’usage aussi intéressants, voire plus intéressants qu’avec les véhicules essence.

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CE QU'IL FAUT RETENIR

  • Le fonctionnement des hybrides rechargeables oblige également les entreprises à investir dans des stations de recharge électrique.
  • Deux technologies s’affrontent : celle déployée par Toyota consiste à associer une moteur thermique essence avec la propulsion d’un moteur électrique. L’autre s’appuie sur un moteur thermique associé à un moteur électrique dont les batteries se rechargent à une borne électrique.

 

Comme le montre ce classement des immatriculations de véhicules hybrides en entreprise, Toyota occupe une large place sur ce marché. Les volumes restent quant à eux relativement confidentiels au regard des 408 000 immatriculations (toutes énergies) réalisées sur la même période par les entreprises en France.

 

 

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