L’essence avance, mais à petits pas, en entreprise

(Paris, le 12 janvier 2017)
 

En 2016, les motorisations essence représentent 10,77 % des immatriculations en entreprise. Soit 1,8 point de plus par rapport à 2015.

Au total, selon les chiffres de l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise, il s’est immatriculé 85 021 VP et VU roulant à l’essence, soit une hausse de 29,7 % sur un an.

Ces chiffres sont certes positifs, mais ils cachent en fait un essoufflement relatif de la demande de la part des gestionnaires. Pour mémoire, en 2015, les ventes de VP et de VU essence avaient affiché une croissance de 48,8 % (à 65 546 unités), soit un rythme plus soutenu qu'en 2016. A l’époque cette motorisation avait profité de la disparition des modèles diesel sur le segment des petites citadines et de l’arrivée de l’essence dans les gammes business.

Sur fond de campagne anti-diesel persistante et d’annonces d’interdiction de circulation des modèles roulant au gazole dans certaines grandes villes, on aurait donc pu s’attendre à des performances plus significatives de l’essence dans les entreprises tout au long de l’année 2016. Or, après un bon démarrage au premier trimestre, avec une part de marché de 11,63 % (+2,6 points par rapport au dernier trimestre 2015), le soufflé est un peu retombé sur les trois autres trimestres (voir graphique).

Part de marché Essence (VP + VU) en 2016

(les parts de marchés sont calculées à partir des immatriculations cumulées depuis le début de l'année) 


(Source : AAA-Data, retraitement OVE)

 

Par type de véhicule, les immatriculations progressent de 30,6 % pour les VP (80 189 unités) et de 16 % sur les VU (4 832 unités). Là encore les progressions sont plus faibles qu’en 2015 où les hausses affichées s’établissaient respectivement à 49,3 % et 41,4 %.

Fin 2016, les parts de marché de l’essence s’inscrivaient à 17,16 % pour les VP (+2,84 points par rapport à 2015) et 1,50 % pour les VU (+0,12 point par rapport à 2015).

L’alignement des TVA sur l’essence et le diesel adopté dans la Loi de finances 2017 va-t-il faire bouger les lignes ? Il faut rappeler que l’alignement se fera progressivement sur une période de cinq ans (à partir de 2017 pour les VP et en 2018 pour les VU). En outre les règles de roulage des entreprises (30 000 km en moyenne par an) ne permettent pas un basculement massif vers l’essence (une énergie qui convient avant tout aux déplacements inférieurs à 20 000 km/an). Enfin la prochaine obligation d’équiper les véhicules essence à injection directe d’un filtre à particules devrait renchérir le coût des véhicules et pourrait donner à réfléchir aux gestionnaires de parcs automobiles.   

Top 10 des véhicules essence (VP) en entreprise en 2016

(Source : AAA-Data, retraitement OVE)
 

L’analyse du Top 10 des véhicules essence les plus immatriculés en entreprise montre une stabilité en tête de classement par rapport à 2015. En effet le Top 5 reste inchangé d’une année sur l’autre.

Trois modèles font leur entrée dans le Top 10 : la Smart Fortwo, la Citroën C3 et la Peugeot 308 (c’est la première fois qu’une berline compacte essence fait son entrée dans le Top 10 jusqu’alors concentré sur les gammes économique et inférieure). Enfin, quatre constructeurs étrangers figurent dans le palmarès (Mercedes, BMW, FCA et GM).

 

Pour aller plus loin :

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