Le véhicule électrique peine à convaincre les entreprises

 

(Paris, le 8 janvier 2015)

 

Le véhicule électrique termine l’année 2015 avec 7 467 immatriculations selon les chiffres de l’OVE, un volume relativement modeste au regard des 730 763 immatriculations enregistrées en 2015 sur le marché des entreprises, toutes énergies confondues1.

Malgré tout, le marché de l’électrique est en hausse de 20% par rapport à fin décembre 2014. Mais ce chiffre, qui pourrait sembler encourageant, reste pour le moins décevant. Certes, le véhicule électrique bénéficie de subventions non négligeables à l’achat. Certes, les infrastructures de recharge se développent. Mais le véritable handicap du véhicule électrique reste sa faible autonomie : entre 120 et 150 km en moyenne. Un rayon d’action qui cantonne ces véhicules aux environnements urbains ou péri-urbains, ou aux pools de véhicules en autopartage. Sans oublier la contrainte du temps de rechargement, encore relativement long pour des entreprises soucieuses d’une meilleure productivité.

Car le véhicule d’entreprise réalise en moyenne 30 000 kilomètres par an. Et les nouvelles motorisations essence et diesel proposent des autonomies toujours plus importantes, grâce à des moteurs de plus en plus sobres. On comprend alors que les énergies traditionnelles conservent un avantage prépondérant aux yeux des entreprises.

Le marché de l’occasion : l’autre frein du véhicule électrique

Tout bon gestionnaire de flotte se préoccupe de la valeur résiduelle de son véhicule, à fortiori dans le scénario d’un achat au comptant : combien puis-je espérer à sa revente ? Se vendra-t-il rapidement ?

Si les perspectives de revente des véhicules essence et diesel sont relativement assurées, tant le marché est développé et dynamique sur ces segments, elles restent beaucoup moins rassurantes pour ce qui touche au marché de l’électrique. En cause plusieurs facteurs, notamment le faible nombre de véhicules en vente sur ce marché et un manque de visibilité sur les valeurs de revente. Sans oublier que les particuliers, premiers acheteurs du véhicules d’occasion, peuvent se montrer réticents à acheter ce type de véhicule. D’abord parce que le véhicule électrique est contraignant en matière d’autonomie, mais aussi parce qu’il ne bénéficie en occasion d’aucun bonus tant pour l’achat du véhicule que pour l’équipement du domicile en dispositif de recharge.

Sans parler du frein psychologique que constitue pour certains la location de la batterie (par exemple, l’acquéreur d’une Zoé d’occasion reste lié à Renault par un contrat de location de batterie). Cette solution offre pourtant beaucoup d’avantages, parmi lesquels celui de bénéficier de batteries de remplacement neuves à tout moment.

Nouvelle règlementation  écologique : un tremplin pour le véhicule d’entreprise ?

L’espoir viendra-t-il des nouvelles dispositions en matière de réglementation écologique ? Rappelons en effet la volonté de gouvernement de mettre en application un nouveau dispositif de vignettes écologiques. Les véhicules électriques se verraient attribuer la vignette la plus favorable au regard de ce classement. Cette vignette permettrait aux véhicules électriques de circuler dans les centres villes durant les pics de pollution, lorsque des mesures de restriction de la circulation sont mises en place par les pouvoirs publics. Cette perspective pourrait amener les entreprises à s’équiper de véhicules électriques, du moins pour celles ayant la nécessité de circuler en centre-ville. A condition que l’Etat se décide à mettre en œuvre concrètement ce dispositif. Car cette réglementation, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, semble pour l’instant repoussée dans les faits. Et la mise en place des vignettes  risque de rester sans effets : l’Etat a manifesté à maintes reprises sa réticence à mettre application de véritables restrictions de circulation en région parisienne…

Le vrai décollage du marché de l’électrique ne semble donc pas pour tout de suite, même si les constructeurs innovent constamment. Les freins restent nombreux : technologiques, économiques, mais aussi psychologiques.

Une fois ces principaux obstacles levés, les entreprises seront les premières, à n’en pas douter, à s’équiper en électrique. Car l’entreprise a toujours eu besoin de véhicules neufs, performants et innovants. D’ailleurs,  une voiture neuve sur deux en France est achetée par une entreprise…

1-Véhicules particuliers et utilitaires de moins de 3,5 tonnes, en France, entre fin décembre 2014 et fin décembre 2015.

Coût d’usage : avantage à l’essence et au diesel

Le comparatif en matière de coût d’usage fait ressortir que, malgré les subventions accordées par l’Etat1 (et parfois les constructeurs) sur l’achat d’un véhicule électrique, les véhicules essence restent plus compétitifs en essence et en diesel.

Source : TCO Scope 2015, Les Editions de l’OVE

 

1 - Bonus écologique de 6 300 euros, et superbonus gouvernemental de 3 700€, sous condition de reprise d’un véhicule particulier diesel immatriculé avant le 01/01/2006.