Pourquoi le diesel fait de la résistance en entreprise

(Mis à jour le 26 juillet 2018)

Longtemps motorisation reine en France, le diesel subit depuis quelques années les foudres des pouvoirs publics, des associations écologiques et même de l’opinion publique. L’affaire Volkswagen sur le « logiciel tricheur » a amplifié son procès et plusieurs villes (Paris en tête) n’excluent plus de lui fermer la porte. Pourtant, il faut dire et répéter que les diesels d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a trente ans. 

Avec l’introduction de la norme Euro 6 en septembre 2014, le législateur européen avait en effet imposé aux constructeurs automobiles une réduction drastique des émissions d’oxyde d’azote (NOx). Le seuil d’émission porté de 180 à seulement 80 mg/km avait conduit les constructeurs à déployer trois technologies de réduction des NOx :

  • La vanne EGR a pour but de réduire la production de NOx d’environ 20 % en abaissant la température des gaz d’échappement.
  • La réduction catalytique sélective (SCR) équipe tous les modèles PSA dotés de moteurs BlueHDi, ainsi que certains modèles Audi et Mercedes. Son principe est d’injecter de l’urée (Adblue), en amont du catalyseur, laquelle se transforme par réaction (température des gaz d’échappement) en ammoniac sous forme gazeuse, modifiant les NOx en azote (gaz neutre). Ce système est certainement le plus efficace, comme le montrent les tests de contrôles menés actuellement.
  • De son côté, le NOx Trap ou piège à NOx est un filtre à oxyde d’azote. Ces oxydes contenus dans les gaz d’échappement sont piégés chimiquement dans le pot catalytique grâce à des métaux précieux tels que le platine, le palladium ou le rhodium.

Outre la fiscalité encore avantageuse (TVA déductible sur les achats de carburants pour les entreprises, indexation de la TVS sur les émissions de CO2, système de bonus-malus), la domination de l’énergie gazole dans les flottes automobiles s’explique par les habitudes de conduite en entreprise (les collaborateurs effectuent en moyenne 30 000 km/an).
Un moteur diesel a en outre un couple plus puissant en bas régime, ce qui permet le transport de marchandises lourdes.

La baisse des immatriculations diesel sur le marché des entreprises

Il n’en reste pas moins vrai que, même sur le segment du véhicule d’entreprise, la part de marché du diesel s’est érodée depuis quelques années : cette motorisation a ainsi cédé près de 14 points entre 2012 et 2017 dans la catégorie des VP. En additionnant VP et VUL, la part du diesel a reculé de plus de 9 points entre 2012 et 2017. Sur les 6 premiers mois de l'année 2018, la part des immatriculations diesel était de 80,6 % (VP + VUL).

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Le diesel conservera, notamment sur le marché entreprise, ses nombreux avantages et n’est donc pas prêt de disparaître du paysage français. Car il reste adapté aux longs déplacements effectués par les collaborateurs et aux transports de charges lourdes.
  • Une nouvelle norme concernant les polluants locaux, baptisée Euro 6c, et un nouveau mode de calcul de la consommation et des émissions de CO2, sont entrés en vigueur en 2017. Les tests des moteurs en laboratoire seront complétés par des tests sur route qui conditionneront l'homologation des nouveaux véhicules.
  • Pour beaucoup de constructeurs, ces échéances impliquent des révisions stratégiques en matière de technologies de dépollution et en termes de choix de motorisations des véhicules selon les usages.

                                                                                                                         Source AAA Data - traitement OVE

Au travers du classement des 10 véhicules Diesel les plus immatriculés en entreprises sur l'année 2017 (ci-dessus), la suprématie des constructeurs tricolores ne se dément pas, seul le groupe Volkswagen occupe la 9ème place du palmarès avec le Tiguan.

Pour aller plus loin :