Pourquoi les énergies vont se diversifier dans les flottes d’entreprises

(Paris, le 20 octobre 2015)

 

 

Quelles énergies privilégier dans les flottes automobiles d’entreprises pour les années à venir ? Tel était le thème de la nouvelle conférence organisée par l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE), le 13 octobre dernier dans les locaux de la CCI Paris région Ile de France.

Pour l’ensemble des intervenants de cette conférence, qui a réuni plus de 320 participants, une chose est sûre : le choix du tout diesel dans les parcs automobiles est amené à évoluer dans les prochaines années. Le mouvement de rééquilibrage a déjà commencé, mais l’affaire VW devrait « accélérer le processus », estime Isabelle Muller, déléguée générale de l’UFIP (Union française des Industries pétrolières).  Une bonne nouvelle pour la balance commerciale française, qui importe la moitié de la consommation de gazole et qui exporte 50% de la production d’essence des raffineries hexagonales. 

Actuellement, selon les derniers chiffres de l’OVE, la part du diesel atteint près de 87,5% sur le marché entreprises, alors que l’essence pèse à peine 9% et  l’électrique moins de 1%.  Pourtant, mois après mois, force est de constater que les commandes de véhicules essence ou à énergies alternatives progressent.  Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes de VP et VU essence sont en augmentation  de 48%, celles de modèles électriques de près de 16% tandis que les ventes de véhicules hybrides ont bondi de 66,7%.

La fin du diesel n’est pas pour autant pour demain.  « Nous sommes peut-être à un point de rupture, mais il faut aussi avoir conscience que beaucoup de contre-vérités circulent encore actuellement autour du diesel », rappelle Michel Rougé, délégué Energies et Innovation chez PSA Peugeot Citroën.  Selon lui, il faudra de toute évidence un certain temps pour  que le paysage automobile change en France.  Et de rappeler que « le parc automobile français ne se renouvelle tous les ans qu'à hauteur de 5% ».

Une évolution progressive donc, qui  devrait donner le temps nécessaire à tous les acteurs de la filière automobile (constructeurs, loueurs longue durée, gestionnaires  de parcs) de s’adapter à la nouvelle donne.  Selon les prévisions de l’UFIP, à l’horizon 2030, le marché automobile (particuliers et entreprises)  pourrait atteindre un équilibre vertueux :  « un tiers de diesel, un tiers d’essence et un tiers d’hybride, en lien avec l’objectif d’une réduction de 30 % de la consommation d’énergie fossile fixée par la loi pour la transition énergétique ».

Il reste à convaincre les entreprises de poursuivre la diversification de leur flotte.  Aujourd’hui, le TCO (coût total d’usage) reste le juge de paix des gestionnaires de parcs. Et dans ce cas, le diesel est  bien souvent la solution gagnante puisqu’il convient aux gros rouleurs et qu’il bénéficie d’un régime fiscal très favorable. Demain, si la notion plus large de mobilité s’impose, un choix plus large sera alors à la disposition des entreprises. « Un rééquilibrage entre les énergies permettra aux clients de faire leur choix en fonction de leurs besoins de conduite et non plus des seuls critères fiscaux », pronostique Isabelle Muller.

Joseph Beretta, président de l’Avere France, est convaincu d’une telle évolution. « Les gestionnaires ne vont plus gérer une flotte automobile, mais plutôt une flotte mobilité au sein de leur entreprise ». A chaque mode de déplacement, dès lors, son type d’énergie :  l’électrique et l’hybride pour les trajets urbains et péri-urbains. Le diesel pour les grands trajets (30 000 km/an) et l’essence pour ceux inférieurs à 15000 ou 18000 km /an.

Des perspectives qui  permettent à Renault de rester confiant sur le développement de l’électrique en France. « Son écosystème (NDLR du véhicule électrique) est en train de se constituer avec le déploiement de bornes de recharge et il va être soutenu avec le développement du car-sharing », se félicite Guillaume Berthier, directeur des ventes V.E. monde de Renault.  Le marché de la revente commence aussi à se structurer.  « Sur le marché VO, nous avons eu plutôt de bonnes surprises en la matière », confirme François-Xavier Castille, président du Syndicat national des loueurs de voitures en longue durée (SNLVLD).

Les hybrides (et notamment les rechargeables) suscitent en revanche moins d’engouement. D’autant que le gouvernement prévoit de réduire les bonus l’année prochaine pour leur acquisition. Résultat : leur TCO risque d’être impacté, rappelle le président du SNLVLD.