Quand l'essence gagne du terrain en entreprise

(Paris, le 2 novembre 2016)

 

L’évolution des normes européennes en matière d’émission de polluants, et notamment le passage de la norme Euro 6, a contraint les constructeurs à revoir leur offre automobile et à proposer des motorisations essence sur le segment des citadines. Dans le même temps, les craintes liées à l’interdiction des voitures diesel dans certaines villes, incitent à acheter des modèles essence.

Les particuliers ont déjà sauté le pas. Après avoir atteint un plus bas sur le marché national en 2012 avec 27 % des ventes de véhicules neufs, ce carburant enregistre depuis une progression régulière de ses immatriculations : 32 % en 2013, 36 % en 2014 et surtout 43 % au cours des six premiers mois de l'année 2016.

Quant aux entreprises, elles viennent progressivement à cette énergie. La progression des immatriculations en essence est en hausse de 29,9 % sur les 10 premiers mois de l’année 2016, à 68 325 immatriculations (VP + VU). Sur cette période, l’essence représente 10,71 % des immatriculations.

Forces et faiblesses des motorisations essence

Les loueurs longue durée spécialisés dans le financement et la gestion du parc des entreprises le constatent chaque année : pour les kilométrages inférieurs à 20 000 km par an, pas besoin de recourir nécessairement à une motorisation diesel, les versions essence font très bien l’affaire. Pour cette raison, indiquent les constructeurs, c’est auprès des flottes ayant recours à de petites citadines ou dans les entreprises parcourant moins de 20 000 km par an que l’on trouvera les utilisateurs professionnels circulant à l’essence.

Mais pour les flottes d’entreprise qui visent plutôt l’acquisition en nombre de berlines routières, tant qu’il sera plus économique de rouler au gazole plutôt qu’à l’essence, il y a peu de chances de voir les habitudes se modifier. D’autant que, si la fiscalité est favorable à l’utilisation de modèles diesel, il convient de rappeler également que le coût des modèles essence reste supérieur à celui des véhicules diesel.

Et la tendance pourrait même s'accentuer parce qu'un investissement important va être consacré par les constructeurs à l’adoption de filtres à particules sur leurs moteurs essence afin de se conformer à l’application en 2017 de la norme Euro 6c, plus sévère sur les émissions de particules, et en particulier pour les moteurs essence.

Par ailleurs, les motorisations essence consomment 10 à 20 % de carburant en plus qu’un diesel et elles ne bénéficient pas (comme c’est le cas pour le diesel) de la récupération à 80 % de la TVA sur le carburant pour les véhicules de tourisme, et à 100 % pour les véhicules utilitaires. Enfin, leur valeur résiduelle est plus basse, car les véhicules essence se revendent moins bien en occasion.

CE QU’IL FAUT RETENIR

• Aucun acteur de l’univers des flottes n’envisage de basculement du diesel vers l’essence. C’est le calcul du coût d’usage total entre une version diesel et son équivalent essence qui détermine
encore le choix de motorisation des entreprises.
• C’est auprès des flottes ayant recours à de petites citadines ou dans les entreprises parcourant moins de 20 000 km par an que l’on trouvera les utilisateurs professionnels circulant à l’essence.

 

Les véhicules essence sont principalement immatriculés dans la catégorie "Economique". A noter que sur ce segment des petites citadines, les motorisations diesel ne sont plus commercialisées par les constructeurs.

 

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