Questions à José Da Silva, Directeur de l’Intermarché de Jarnac

(Paris, le 25 octobre 2016)

 

José Da Silva, directeur de l’Intermarché de Jarnac, partage son expérience sur l'introduction de véhicules électriques au sein de sa flotte.

Quel était votre objectif initial en déployant une flotte de véhicules électriques et notamment la Tesla ?

Nous souhaitions savoir s’il était possible de rouler en électrique tout en parcourant beaucoup de kilomètres (environ 30 000 km/an). Pour ce qui est des véhicules électriques destinés à la location des particuliers, nos objectifs étaient de faire connaître la technologie et de proposer une offre complémentaire aux véhicules thermiques.

Avez-vous rencontré des freins au déploiement des VE ?

Le modèle économique d’un véhicule électrique n’est pas encore rentable pour le marché des entreprises, notamment l’offre qui inclut un coût mensuel pour la location de la batterie.
Il réside une inquiétude majeure, celle de tomber en panne et de ne pas pouvoir charger son véhicule n’importe où. Le maillage insuffisant des bornes et le problème de l’accès aux bornes sont des freins à la bonne utilisation des véhicules électriques.

Quel bilan faites-vous de la mise en place des VE ?

Concernant la Tesla, c’est une aussi bonne routière qu’un véhicule « premium » thermique. L’ exonération totale de la TVS et son très faible coût énergétique sont des atouts importants qui militent en sa faveur. Nous tirons un bilan positif tant sur le plan économique, qu’ écologique avec une économie annuelle qui se situe autour de 6 000 €. L’autonomie annoncée par le constructeur est certes un peu surévaluée, notamment sur autoroute. Il faut donc bien s’approprier les trajets pour ne pas avoir de mauvaises surprises. D’autre part la météo a vraiment un impact sur l’autonomie de la batterie. Il faut anticiper les déplacements ; on ne peut pas trop improviser avec un véhicule électrique.

La Tesla peut parcourir des distances importantes, dès lors qu’on emprunte les grands axes routiers équipés de chargeurs rapides. A titre d’exemple, pour faire 1 000 km, il faut compter 1 heure de plus qu’avec un thermique, ça nous coûte 4 euros au lieu de 80 euros, en utilisant les supers chargeurs mis à disposition gratuitement par la firme californienne pour les conducteurs de Tesla.

Allez-vous poursuivre le déploiement des véhicules électriques ?

Pour la flotte destinée à la location aux particuliers, nous allons poursuive le déploiement car les clients sont satisfaits. Ces véhicules sont agréables à conduire, notamment dans les villes côtières ou l’on parcourt peu de kilomètres. Nous nous posons également la question de référencer des véhicules utilitaires dans des zones d’activité très urbaines. Il reste un élément essentiel qui pourrait faciliter l’usage des véhicules électriques, c’est la question de l’interopérabilité.

En effet, aujourd’hui nous sommes tenus de disposer d’une multitude de cartes pour recharger nos véhicules Tesla (Kiwhi, Sodetrel, une carte d’abonnement pour Paris, une carte Bluecar pourBordeaux, etc). Nous avons l’obligation de souscrire à des abonnements spécifiques, ce qui ne facilite pas l’utilisation des VE. Nous souhaiterions avoir une seule carte qui pourrait être utilisée dans tous les réseaux.

Chiffres clés

Secteur d’activité : Grande
distribution et commerce de proximité La flotte automobile se compose d’un parc dédié à la location pour les particuliers, (une majorité de VU et des VP) : 4 500 véhicules, dont une vingtaine de véhicules électriques (Renault Twizzy, Zoé, et Nissan Leaf).

Et une flotte de 900 VP pour les salariés (Paris et dans 8 régions), sur deux segments principalement (inférieur et moyen-inférieur).

Et en 2015, 7 véhicules électriques de marque Tesla ont été mis à la route.

 

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