Superéthanol-E85 : une opportunité pour les entreprises ?

(Paris, le 2 novembre 2016)

 

Avec un prix à la pompe de l’ordre de 0,70 euro par litre, le Superéthanol-E85 constitue une source d’économie non-négligeable pour les entreprises (environ 400 euros nets par an, sur la base de 13 000 kilomètres parcourus et en tenant compte d’une consommation supérieure de 25 % avec l’E85 par rapport au SP95, selon les chiffres du SNPAA). De plus, les propriétaires de véhicules « flexfuel » bénéficient également en France d’une exonération de malus ou encore d’une carte grise gratuite ou à moitié prix selon les régions. Autre avantage pour les entreprises : la TVA est récupérable à hauteur de 80 %, comme pour le gazole.

Enfin, il n’est pas soumis aux restrictions de circulation lors de pics de pollution. Malgré ces avantages, le Superéthanol-E85 a du mal à décoller en France. En 2015, 240 immatriculations de véhicules « flexfuel » ont été enregistrées sur l’ensemble du marché français (dont seulement 63 véhicules l’ont été par des entreprises). De janvier à juillet 2016, toutefois, les immatriculations de véhicules « flexfuel » ont vu leur rythme s’accélérer pour atteindre 624 au total sur le marché français. Dans son ensemble, le parc roulant de véhicules « flexfuel » serait d’environ 30 000 véhicules.

Le développement du Superéthanol-E85 est notamment freiné par le faible nombre de modèles commercialisés. Le choix reste en effet restreint, avec seulement deux modèles distribués sur le marché du neuf : le Jeep Grand Cherokee et la Volkswagen Golf Multifuel (depuis décembre 2015). Autre difficulté : la faiblesse actuelle du réseau de distribution. A fin août 2016, plus de 800 stations-service proposent le Superéthanol-E85, soit 9 % des stations-service en France. Le SNPPA fait valoir que « ce réseau s’étend au rythme de trois ouvertures de stations E85 par semaine ». (Voir l’application « Mes stations E85 » et le site www.bioethanolcarburant.com).

Pourtant, une innovation pourrait bien lancer le marché des véhicules flexfuel en France : le boîtier de conversion à l’E85. Ce petit boitier électronique, à intercaler entre le calculateur d’injection de la voiture et les injecteurs sur le moteur, permet à un véhicule essence de rouler au Superéthanol-E85, soit en adjonction à l’essence traditionnelle, soit en substitution. Son rôle est de moduler les temps d’injection selon le pourcentage d’éthanol présent dans le réservoir, pour permettre au moteur de fonctionner convenablement.

Bien que ces boîtiers ne soient pas encore homologués en France, comme c’est le cas en Finlande, de nombreux automobilistes l’utilisent déjà. Précisons qu’aucun texte n’interdit formellement leur usage. L’administration française travaille sur leur homologation.

 

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